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HYDRAULIQUE RURALE A SAKAL : les acteurs approuvent la réforme


Samedi 29 juillet 2023

Les gérants des forages regroupés autour des Comités de Pilotage des Forages (COPIFOR) et des Associations des Usagers de Forages (ASUFOR) de l’Arrondissement de Sakal ont tous accepté de suivre la réforme de l’hydraulique rurale. Cependant, ils ont exhorté la Sénégalaise Des Eaux Rural (SDER) en tant que nouveau fermier à améliorer la gestion des ouvrages.

Ils sont quasiment unanimes à reconnaitre qu’une réforme de l’Etat du Sénégal ne peut être qu’en faveur des populations. Les acteurs de l’hydraulique rurale de Sakal (Arrondissement situé dans le Département de Louga, région de Louga) ont accueilli à bras ouverts la Sénégalaise Des Eaux Rural (SDER) aux fins d’apporter une plus-value dans la manière de gérer les ouvrages. La Délégation de Service Public (DSP) de l’eau est donc   actée. Lors du Comité Local de Développement (CLD) tenu le mercredi 19 juillet 2023 dans la salle de conférence de la mairie de Sakal sous la présidence du Sous-préfet Awa Bocoum, les Comités de Pilotage des Forages (COPIFOR) et les Associations des Usagers de Forages (ASUFOR) se sont exprimés sur la situation de l’approvisionnement en eau potable des populations.

La prise de parole a commencé par le président de l’ASUFOR de Ndiobène Matar Balla diop qui a déclaré qu’ils ne sont pas endettés. Mais ils espèrent que la SDER va apporter un mieux dans la vie des populations. Le trésorier El Hadji Malick Diop d’ajouter : « Nous avons investi 10 millions de FCFA dans la solarisation du forage. Ce qui nous a permis d’amoindrir le poids de l’électricité. Toutefois, notre plus grand souci, c’est la réparation des pannes et autres fuites sur le réseau. C’est pourquoi, nous sollicitons une intervention rapide du nouveau fermier en cas de dysfonctionnements. ».  Le gérant du forage Babacar Diop abonde dans le même sens: « Nous sommes en phase avec la réforme de l’hydraulique rurale. Mais, nous demandons une amélioration dans l’accès à l’eau potable. Notre ASUFOR n’a pas de dette. Beaucoup de pères de famille gagnaient leur vie dans des activités liées au forage. Il serait indiqué de les prendre en compte. ».

Dans la foulée des interventions, le président du COPIFOR de Ngueune Sarr Modou Mamoune Sarr a affirmé que : « l’expérience au niveau local est avérée. Néanmoins, nous accueillons la SDER pour une meilleure gestion de notre forage. ». Le trésorier de cette organisation regroupant des usagers de forage Mamadou Seck qui est aussi conseiller municipal et le président des conducteurs de forage de Ngueune Sarr Aliou Sow ont également approuvé la réforme. Tout de même, ce dernier a parlé au nom de tous les conducteurs de forage en revenant sur leurs conditions de travail avec un défaut de prise en charge médicale. Le président du Conseil communal de la jeunesse de Ngueune Sarr Gallo Fall soutient que : « aucune vie sur terre n’est possible sans eau. Même si la majeure partie des COPIFOR et ASUFOR a bien géré, une amélioration de la qualité de service est sûrement escomptée. L’autre volet qui nous intéresse, c’est la création d’emplois locaux surtout pour les jeunes. »

Le président du COPIFOR de Syer dans la commune de Léona Mamadou Ngom évoque des difficultés : « C’est le 27 août 2020 que nous avons remplacé l’ASUFOR en tant que COPIFOR ; Nous avons pu acquérir un dispositif solaire à hauteur de 17 millions FCFA. Il nous reste 3 200 000 FCFA à rembourser à la MECZOP (Mutuelle d’Epargne et de Crédit de la Zone de Potou). 23 villages sont polarisés. Malgré tout, les équipements sont vétustes et les compteurs sont défectueux. Je suis, en même temps, le président de la commission Eau de la mairie de Léona. Je suis pour qu’on réglemente les activités de maraichage afin qu’elles ne constituent pas un frein à l’accès à l’eau pour certaines populations. ».

Le secrétaire Général de l’ASUFOR de Ndialakhar Samb Omar Sow dit attendre des changements positifs. Autre témoignage, celui du président de l’ASUFOR de Ndiamb Fall Mandiaye Kane qui a fait remarquer que : « notre forage est confronté à un problème d’eau. Donc, une reprise de la gestion pourrait certainement y apporter des solutions. ».

 

Du côté des femmes, Fatou Bâ, la présidente du COPIFOR de Ngoufatt 2 s’est prononcée sur la question : « je suis conseillère municipale à Léona, commune qui représente l’Etat. Je suis d’accord avec la réforme. Cependant, je vous signale que les fuites sont fréquentes à cause des agissements incontrôlés sur le réseau. Certains utilisent des tuyaux inadéquats. ». Le président du COPIFOR de Diadji Gou Mak Pape Guèye précise que le comité n’a pas de dette. Néanmoins, « notre souhait, c’est juste que la SDER fasse mieux que nous et soit au service des usagers. »

Le représentant des chefs de village Cheikh Mbacké Guèye demande un meilleur suivi des préoccupations des populations : « le forage de Sam Ndiaye était bien géré et les recettes étaient reversées dans des activités sociales. Mais comme tous les forages doivent être confiés à la SDER, nous ne pouvons que suivre la décision de l’Etat ». Pour le président du COPIFOR de Banghadji Samb Ahmadou Sow, « beaucoup d’efforts ont été faits mais nous avons toujours un déficit dans la production de l’eau notamment à Keur Sabo. ».

Etait aussi présent, le président de l’association des éleveurs du département de Louga Aliou Kâ : « le forage de Ndiobène Patar a été inauguré sous mes yeux. Il dessert plus de 50 villages. Ce qui détermine à suffisance son importance. C’est pourquoi, la gestion doit être optimale. ».

Plusieurs COPIFOR et ASUFOR trainent une lourde ardoise. A cause de l’impact négatif du coût de l’électricité, ils ont contracté des prêts pour financer des équipements solaires. Selon le Directeur de la MECZOP Amath Bitèye : « Dans l’Arrondissement de Sakal, six (6) forages nous doivent de l’argent. Il s’agit de Ndiamb Fall (2 820 000 FCFA), Syer (3 215 000 FCFA), Ndialakhar Samb (1 300 000 FCFA), Potou (2 833 000 FCFA), Ngueune Sarr (4 233 540 FCFA) et Banghadji Samb (497 000 FCFA). Au total, ils ont une dette de 14 898540 FCFA. Seuls deux (2) forages ne sont pas solarisés. ».

Les maires de Sakal, Ngueune Sarr et Léona respectivement Ousmane Sakal Dieng, Ibra Top et Mamadou Diam Yodi Bâ ont fait le point sur l’accès à l’eau dans leurs communes qui ont besoin d’extensions de réseaux de distribution. Ils ont assuré de leur accompagnement en tant que démembrements de l’Etat même si l’eau n’est pas une compétence transférée.

Le Directeur Général de la SDER Mor Diop a, d’emblée, indiqué que les dettes des COPIFOR et ASUFOR seront discutées avec l’OFOR au cas par cas. En ce qui concerne les branchements sociaux, ils seront exécutés par la SDER pour le compte de l’OFOR. En plus, « nous avons un programme dénommé « Eau pour tous » qui nous permettra d’alléger les conditions de paiement des clients pour les branchements. ». Sur la question de l’emploi, M. Diop a réitéré la politique de la SDER consistant à privilégier les profils qui existent dans les localités affermées. En somme, la qualité de service sera nettement améliorée puisque le groupe SDE est certifié dans ce domaine par l’Agence Française de Normalisation (AFNOR).

Le Directeur du Contrôle de l’Exploitation de l’OFOR Ndiamé Diop a rassuré tous les acteurs sur les performances attendues pour que l’eau soit disponible aussi bien sur le plan de la quantité que de la qualité. C’est d’ailleurs, le principal objectif de la réforme de l’hydraulique rurale. « Nous continuerons à communiquer avec l’ensemble des acteurs. L’OFOR a créé une plateforme de gestion des demandes et réclamations qui contient un numéro vert (800 80 30 30). Après les incorporations et le démarrage des activités de la SDER, des comités de suivi des DSP seront installés. Ils seront, en quelque sorte, des organes de régulation. Pour l’heure, un planning de passation a déjà été établi. Des procès-verbaux seront arrêtés et signés par l’autorité administrative en l’occurrence le Sous-Préfet. » a-t-il souligné. M. Diop a exhorté les collectivités territoriales à continuer à proposer des projets d’adduction d’eau potable pour les populations en relation avec l’OFOR.

Pour Mafaye Fall de la Division Régionale de l’Hydraulique (DRH) de Louga, l’essentiel est que les populations aient de l’eau. Il est d’avis que la SDER est une société professionnelle qui pourra garantir la continuité de service.

Le Sous-préfet de Sakal Awa Bocoum, assisté de son Adjoint El hadji Kébé, a présidé le CLD. Elle a reconnu l’apport de tous les acteurs de l’Arrondissement notamment le comité tripartite. « Comme recommandation, je vous demande de favoriser la communication afin que chacun comprenne la nouvelle orientation de l’Etat. Des rencontres de ce genre pourront aussi nous permettre de trouver des solutions notamment à la continuité du maraichage qui est extrêmement important dans cette zone car étant une activité génératrice de revenus et pourvoyeuse d’emplois. Nous saluons la création par l’OFOR d’une plateforme de gestion des demandes et réclamations avec un numéro vert. Le comité local de suivi des DSP sera mis en place. » a-t-elle conclu avant de lever la séance à la suite des prières formulées par les imams.

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