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HYDRAULIQUE RURALE A PODOR : la SDER démarre ses activités


Lundi 27 novembre 2023

Le déploiement de la Délégation de Service Public (DSP) de l’eau en milieu rural se poursuit. Le département de Podor a donné son feu vert pour la gestion professionnelle des ouvrages hydrauliques par la Sénégalaise des Eaux Rural (SDER).

Podor est prêt à accueillir la Sénégalaise Des Eaux Rural (SDER) qui est le nouveau délégataire du service public de l’eau dans les zones rurales de ce département de la région de Saint-Louis. Le démarrage de ses activités a été acté par le Préfet Matar Diop qui a présidé le Comité Départemental de Développement (CDD) tenu le jeudi 23 novembre 2023. Ses mots de clôture reflètent le bon climat qui a prévalu lors des débats autour de la question de l’eau : « A l’issue de la rencontre, nous pouvons dire que les objectifs ont été atteints. Nous saluons l’implication de tous les acteurs dans le processus. La demande est très forte pour entrer dans la réforme de l’hydraulique rurale. L’essentiel, c’est de faire adhérer les populations. Après, le suivi sera assuré avec les comités de suivi des Délégations de Service Public (DSP) afin de gérer certaines difficultés. ».

Outre le Préfet de Podor, d’autres autorités administratives ont pris part au CDD. Il s’agit de son Adjoint Fodé Kaba Ndao, du Sous-préfet de Gamadji Saré Mamadou Sy, du Sous-préfet de Cas-Cas Oumar Sy et de l’Adjoint au Sous-préfet de Thillé Boubacar Abou Khadre Diallo qui sont revenus sur les problèmes de gestion des forages dans leurs arrondissements. Ils se sont engagés à accompagner la mise en place des DSP. Il en est de même pour les services techniques de l’Etat.

Les Maires ont également assisté à la rencontre avec des questions sur la réforme de l’hydraulique rurale et leur volonté de suivre la cadence dès qu’elle sera enclenchée dans le département de Podor. Au premier chef, la deuxième adjointe au Maire de Podor Houlèye Wane qui dit beaucoup espérer de la prise de service d’une structure professionnelle en charge de la gestion de l’eau. A en croire le deuxième Adjoint au Maire de Niandane Boubacar Sall, l’eau coûte chère dans sa commune puisque le m3 est vendu jusqu’à 500 FCFA alors que « vous l’avez fixé à 250 FCFA. Cela nous soulage. Rien que pour ça, nous sommes impatients d’accueillir la SDER. ».

Les Associations des Usagers de Forages (ASUFOR) sont venues massivement dire leurs préoccupations. Il en est ainsi des ASUFOR de Galaya, Démette, Fanaye Diéry, Guédé Chantier, Ndiandane, Boki Dialoubé, Cas-Cas, Diaba, Pété, Ndioum, Aéré Lao, Dara Alaybé, Namardé, Mboumba, Namarel, Ngouye Kada, Wouro Alseyni, Yaré Lao et Toundé Gallé.

Globalement, ces gérants et conducteurs de forage ont souligné la cherté du carburant, le coût exorbitant des produits utilisés dans l’amélioration de la qualité de l’eau, la nécessité de communiquer sur la réforme de l’hydraulique rurale et la lancinante problématique de la dette due à la Société Nationale d’Electricité du Sénégal (SENELEC).

Djiby Lath, Secrétaire Général de l’ASUFOR d’Aéré Lao est d’avis que : « il faut une forte campagne de sensibilisation sur la réforme que l’Etat est en train de mener. La pression de l’eau est faible à Aéré Lao malgré les extensions de réseaux de distribution réalisées. ». Amadou Thiam, le Secrétaire Général de l’ASUFOR de Fanaye Diéry a rappelé que : « le forage constitue le grenier de la localité. C’est vrai qu’il y a des problèmes de gestion mais nous voulons une amélioration de la qualité de l’eau. ». Parlant pour l’ASUFOR de Guédé Chantier, Assane Diop réclame un meilleur suivi parce que « Guédé Chantier a de réels soucis techniques récurrents à cause de la défectuosité des pompes. J’en sais quelque chose en tant que plombier. ». Des difficultés soulevées par la présidente de l’ASUFOR de Niandane Awa Diop : « beaucoup de gérants de forages ont contracté de lourdes dettes auprès de la SENELEC qu’ils ont du mal à payer. Je pense que le solaire comme source d’énergie est une solution au Fouta où il fait très chaud. A Niandane, les équipements d’exhaure du forage doivent être renouvelés. ». La présidente du Comité consultatif des femmes du département de Podor Mariame Diop estime que : « les femmes subissent fortement la corvée de l’eau à Podor. Leur sommeil est coupé et elles font des kilomètres et des kilomètres dans l’espoir de trouver de l’eau. Souvent, l’eau n’est pas potable et vous savez que cela constitue un danger pour la santé. C’est pourquoi, nous sommes impatientes de voir l’impact positif de la réforme de l’hydraulique rurale. ». Même préoccupation notée chez les associations pastorales et le Directoire des Femmes en Elevage (DIRFEL) qui ont du mal à abreuver le bétail. D’ailleurs, ces organisations faitières ont plaidé pour la démultiplication des abreuvoirs et autres points d’eau dans les villages où l’élevage est très pratiqué.

Les chefs de village ont dépeint une situation peu reluisante de la gestion des forages car ils disent recevoir des récriminations des populations. Le CDD a été l’occasion pour les Organisations Non Gouvernementales (ONG) de demander des éclairages sur leur champ d’intervention avec cette nouvelle donne.  Néanmoins, la coordonnatrice de l’antenne départementale de l’ONG 3D à Podor Seynabou Niang a fait un plaidoyer pour les femmes du Diéry qui éprouvent d’énormes difficultés à alimenter les parcelles qu’elles sont en train de cultiver.

Plusieurs goulots d’étranglement ont été soulignés par le Chef de la Division Régionale de l’Hydraulique de Saint-Louis Arfang Diédhiou qui a insisté sur trois points essentiellement : la production, la distribution et la qualité de l’eau qui, somme toute, doivent être améliorées dans le cadre de la DSP. « Une dizaine de forages est à l’arrêt actuellement dont celui de Pété Sownabé. Le comité de gestion n’a pas les moyens de dépanner le forage. Nous avons noté toutes sortes de problèmes : des cas de détournements de fonds et des dysfonctionnements liés à un manque de transparence dans la gestion. S’y ajoute le problème des abreuvoirs. » explique le Chef de la Brigade des puits et forages de Ndioum Pape Bakhoum.

En réponses aux différentes interpellations, le Secrétaire Général de l’OFOR Lamine Kâ a affirmé que : « En tout cas, ce qui est ressorti des échanges, c’est l’acceptation de la réforme de l’hydraulique rurale par les populations. Certaines ASUFOR nous demandent même quand est-ce que l’opérateur va venir parce qu’elles ont beaucoup de difficultés. Nous avons même noté des pannes de forage dans plusieurs localités. Et, elles sont persuadées que l’arrivée de la SDER va apporter une valeur ajoutée en termes de qualité de service, en termes de qualité de l’eau. J’appelle les autorités administratives et territoriales, les populations et les ONG à accompagner la SDER afin qu’elle réussisse sa mission pour le bien de tous. ».

Le Directeur du Contrôle de l’Exploitation de l’OFOR Ndiamé Diop a fait des précisions sur le coût du m3 d’eau qui varie selon le type d’usagers. Par exemple, les usagers domestiques ne paieront que 250 FCFA quelque soit le niveau de consommation. Il s’agit là d’une tranche unique pour le monde rural soutenue par le fait d’alléger le paiement aux populations rurales qui n’ont pas beaucoup de moyens. Dans cette logique de soutien aux couches démunies, l’Etat du Sénégal, à travers l’OFOR, est en train de développer un vaste programme de branchements sociaux partout sur le territoire national. Le bénéficiaire ne déboursera que 5 000 FCFA en guise d’avance sur consommation. Cependant, M. Diop a fait savoir que : « les ouvrages réalisés par les collectivités territoriales, les associations locales ou les bonnes volontés tombent systématiquement dans le patrimoine de l’Etat dès lors que leur usage est public. C’est comme les écoles et les structures sanitaires. Après la prise de service du délégataire, des comités de suivi des DSP seront formés. Le Ministère de l’Eau et de l’Assainissement est même en train de réfléchir sur un mode de régulation du secteur. ».

L’OFOR qui dispose déjà d’une plateforme de gestion des demandes et réclamations (numéro vert : 800 80 30 30) a également élaboré de grands projets structurants de transferts d’eau douce qui vont régler à long terme les problèmes de qualité de l’eau.  Sur ce point bien précis, le Directeur Général de la SDER Mor Diop rassure : « Des dispositifs de collecte sur sites vont être mis en place et des analyses régulières seront aussi opérées pour garantir la bonne qualité de l’eau distribuée aux populations sous le contrôle de l’OFOR. Tout sera fait selon les exigences légales et réglementaires. L’OFOR nous a confiés 35 % de son parc. Et l’expérience de 23 années de gestion de l’hydraulique urbaine acquise par la SDE dont la SDER est une filiale au Sénégal et dans d’autres pays comme la République Démocratique du Congo et l’Arabie Saoudite sera mise à profit pour relever la qualité du service dans le monde rural. ». C’est ce qui fonde l’engagement pris par le Président Directeur Général de la SDE Mamadou Dia de fournir une eau en quantité et en qualité : « J’ai une expérience de 46 ans dans le secteur de l’hydraulique. En plus, je suis le président du Conseil départemental de Podor. Je peux vous assurer que la SDER prendra en charge vos préoccupations. L’eau doit être gérée par des professionnels. » a-t-il conclu.

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